Fin 2023, Ubisoft nous proposait un retour aux origines de la licence avec Assassin’s Creed Mirage. Désormais disponible à petit prix en physique et même gratuitement dans le Game Pass et le PlayStation Plus, cet épisode mérite-t-il votre attention en 2026 ? Je vous donne mon avis.
Des assassins, des dunes et Bagdad !
Direction l’an 861 et Bagdad pour suivre l’aventure du jeune Basim. Initialement voleur dans un village au nord de la capitale, ce dernier va vite se retrouver en mauvaise posture. Le cambriolage du palais du calife tourne mal et notre héros est sauvé de justesse par “Ceux qu’on ne voit pas”, c’est-à-dire la guilde des Assassins. Formé par ceux-ci, Basim va devenir un homme nouveau, mais toujours hanté par son passé et notamment par un mystérieux djinn se manifestant souvent lors de ses assassinats. Car évidemment, éliminer des cibles est le cœur du titre. Ici, la menace s’appelle l’Ordre, un mystérieux groupe d’individus masqués tirant les ficelles dans l’ombre. Le Calife de Bagdad lui-même est sous leur influence.
Comme d’habitude avec la saga, le titre nous permet de découvrir une époque lointaine avec de nombreux éléments fictifs mais ancrés dans le réel. La représentation de la région et les coutumes des habitants tentent de coller le mieux possible à la réalité du IXᵉ siècle, alors que Bagdad était une importante place mondiale, tant au niveau commercial que politique. Il est d’ailleurs possible de trouver aux quatre coins du monde des entrées de codex pour mieux découvrir la période et la région. Au niveau de l’immersion, Assassin’s Creed Mirage fait donc un bon travail.

Rendez-vous en terrain connu
Comme annoncé par Ubisoft dès le départ, Mirage s’éloigne des épisodes récents pour revenir aux sources. On retrouve donc la formule des premiers jeux de la série, avec un focus plus important sur l’enquête, le parkour et l’infiltration. Pour démasquer et assassiner les cinq membres de l’Ordre, il va falloir procéder méthodiquement. En suivant les sous-fifres, en récupérant des documents chez eux, en écoutant des discussions dans la rue… on va pouvoir découvrir l’identité de ceux réellement au pouvoir. Le cœur du gameplay est donc la discrétion et l’assassinat, on passe son temps à s’infiltrer dans de nombreux bâtiments. Foncer dans le tas mène en général à la mort. D’ailleurs les combats à l’épée manquent de dynamisme, j’ai trouvé que c’était la partie du gameplay la plus faible. La jauge d’endurance se vide bien trop rapidement et casse complètement le rythme.
L’infiltration est bien plus convaincante. On retrouve les mécaniques habituelles, avec un certain plaisir : bondir sur les gardes depuis un point en hauteur, siffler depuis les hautes herbes pour les attirer et les assassiner, ou encore se planquer derrière les rideaux et les attraper au passage. Oui, c’est à peu près la même chose qu’en 2007 mais ça fonctionne encore. On note aussi la possibilité très utile d’assassiner jusqu’à cinq cibles successivement via la “concentration de l’assassin”. Évidemment l’IA s’adapte à la difficulté sélectionnée, rendant votre mission plus ou moins périlleuse. J’ai trouvé le challenge plutôt bien dosé, même si parfois les gardes abandonnaient trop vite les recherches après m’avoir aperçu.
On retrouve donc la formule des premiers jeux de la série, avec un focus plus important sur l’enquête, le parkour et l’infiltration.
Pour vous faciliter la tâche, vous avez à votre disposition divers objets (bombes fumigènes, couteaux de lancer, fléchettes tranquillisantes …). Vous pouvez aussi marquer vos cibles en envoyant votre aigle faire du repérage, ce qui est fort pratique pour éviter d’être surpris par la suite. Enfin n’hésitez pas à utiliser des alliés à votre avantage. Grâce à un système de jetons de reconnaissance, vous pourrez demander à des marchands de vous faire entrer à l’intérieur d’un palais sous surveillance ou bien à des mercenaires rebelles de faire diversion pour vous laisser le champ libre. Une fois entré dans ces lieux, encore faut-il pouvoir en sortir ! Parfois vous pourrez le faire discrètement, mais d’autres fois il faudra s’échapper en courant et surtout, en réalisant son plus beau parkour.
Là encore, à l’image des anciens Assassin’s Creed, le parkour occupe une place importante. Mieux vaut passer par les toits pour regagner l’anonymat après un meurtre. D’autant plus que votre indice de recherche ne va pas disparaître tout seul. Il faudra arracher les avis de recherche ou payer le munadi, un crieur public, pour redevenir incognito. Si l’aventure principale vous tiendra en haleine pendant environ 16 heures, Mirage propose aussi son lot d’activités annexes pouvant ajouter une dizaine d’heures supplémentaires. Hormis quelques contrats, on retrouve des objectifs liés aux vols (artefacts, livres…), des coffres disséminés sur la map ou encore des “Contes de Bagdad”, genre de courtes missions annexes. Bien sûr on peut également escalader les plus hauts bâtiments de chaque quartier pour révéler les points d’intérêts du coin, juste avant de redescendre via le traditionnel saut de l’ange. Du Assassin’s Creed pur jus, ultra classique, sans surprise, mais bien exécuté.

Un plaisir pour les yeux ?
Si la durée de vie du jeu est bien loin des derniers opus tentaculaires comme Odyssey et Valhalla, c’est parce que Ubisoft Montpellier est revenu à une zone de jeu plus restreinte. C’est un titre moins ambitieux, avec un périmètre et un budget réduit. Ce qui n’est pas forcément un mal tant les opus récents tombaient dans l’opulence et parfois la répétitivité. La région de Bagdad est compacte et la capitale irakienne occupe une place centrale. Cela n’empêche pas de se déplacer à cheval ou en chameau à l’extérieur de la ville, puisqu’au milieu des dunes se trouvent quelques villages, lieux-dits et oasis que l’histoire principale vous fera visiter.
La direction artistique est efficace mais sans grande surprise, à l’image de la mise en scène. Visuellement, on sent bien que le jeu est un épisode cross-gen. Bien qu’il soit plutôt joli d’une manière générale, il n’y a pas d’effet “wahou”. On tombe même fréquemment sur des textures assez sommaires. Et les visages des protagonistes sont un bon cran en dessous des références du genre en termes d’animations. Le jeu est par contre bien optimisé et, pour une fois, j’ai joué en mode Performance à 60 FPS. En effet le mode Fidélité n’apporte quasiment aucun gain visuel et il devient dès lors difficile de le privilégier. Techniquement, même deux ans après sa sortie, Mirage contient encore quelques bugs par-ci par-là (objets suspendus dans le vide ou collisions étranges). Rien de gênant mais ça reste dommage.
Côté audio j’ai choisi de jouer avec les voix anglaises. Celles-ci font le job, rien à signaler de particulier. Heureusement les PNJ parlent souvent en arabe dans les rues et les personnages principaux utilisent par moment la langue locale également, ce qui renforce l’immersion. Il est évidemment possible de jouer entièrement en arabe si vous le souhaitez. Les musiques se font quant à elles assez discrètes mais sont parfaitement dans le ton.