Keeper : un enchantement visuel et plus encore ?

critique Jeu vidéo
Keeper : un enchantement visuel et plus encore ?

Double Fine est un studio qui a toujours su créer des univers uniques, très originaux et souvent marquants. Alors quand Keeper a été dévoilé, son étrange concept a immédiatement piqué ma curiosité. Maintenant que le jeu est disponible sur Xbox Series et PC, je vous propose mon test complet.

Incarner un phare, une idée lumineuse ? 

Dans Keeper, on incarne donc un… phare. Oui oui, ces immenses structures guidant les bateaux ! Dès le début, le phare s’écroule. Mais dans le monde fantastique proposé ici, ce n’est qu’un nouveau départ. Des pattes viennent se greffer en dessous du phare et, après quelques pas chancelants, ce dernier trouve son équilibre. Comme ci cela n’était pas assez bizarre, le phare a pour compagnon un oiseau qu’il vient de sauver de mystérieux parasites volants. Les deux compères partent donc à l’aventure.

Je ne sais pas exactement comment les développeurs ont eu cette idée insolite, mais il n’empêche qu’elle fonctionne d’un point de vue gameplay. Le cœur du titre repose les capacités du duo. Le phare peut marcher tout en éclairant l’environnement grâce à son projecteur. Il peut surtout “concentrer” la lumière sur un point précis, ce qui permet d’ouvrir des passages, d’activer des mécanismes ou encore de faire pousser de la végétation. De son côté, Brindille (l’oiseau) peut utiliser ses pattes pour tourner des manivelles ou récupérer des objets. Keeper offre une progression linéaire qui met sur notre chemin des énigmes environnementales. 

Un peu à la manière d’un Journey ou Sword of the Sea, on avance sans réelles difficultés, le gameplay est assez minimaliste et il est impossible de mourir. Il faut simplement réfléchir un minimum pour résoudre les casse-têtes. Certains sont plus élaborés que d’autres, à l’image d’un village où il est possible de voyager dans le temps (par exemple entre le jour et la nuit) pour faire changer l’environnement. Les lieux se renouvellent, apportant parfois de nouvelles mécaniques de gameplay comme ces arbres roses perdant leur coton et permettant au phare ainsi recouvert de planer quelques secondes entre des plateformes. Et puis surtout, le jeu apporte un vent de fraîcheur dans sa seconde moitié grâce à un twist dont j’éviterai évidemment de vous parler ici. Il faut environ 4h30 pour terminer l’aventure, ce qui semble plutôt bien adapté à l’ambition du titre. Étirer davantage l’aventure aurait sûrement apporté trop de redondances, puisqu’il y en a déjà un peu en l’état. 

La direction artistique est à tomber par terre. L’univers est très intriguant.

Un univers sublime 

Si Keeper nous happe malgré son démarrage un peu lent, c’est surtout grâce à l’univers fabuleux qu’il nous propose. On se trouve dans un genre de monde post-apocalyptique surréel, où les humains semblent avoir disparu et où la nature a repris ses droits. Pas mal de créatures étranges habitent les lieux. Aucun dialogue ou texte ne vient nous expliquer le pourquoi du comment. On découvre progressivement le monde et on se fait notre propre interprétation de ce qu’il se passe. C’est assez métaphorique, voire carrément psychédélique à la fin ! Mais c’est ça qui marque les esprits.

La direction artistique est absolument sensationnelle ! On a l’impression d’évoluer dans des tableaux surréalistes, à mi-chemin entre Dali et nos rêves les plus irrationnels. La palette de couleurs utilisée confère également une vraie âme au jeu. Certains panoramas sont vraiment remarquables et je me suis arrêté quelques secondes pour les admirer. À noter d’ailleurs qu’on ne contrôle pas la caméra, celle-ci tournant autour du phare de façon automatique, parfois même nous guidant vers la prochaine étape. Un choix de game design qui peut se montrer légèrement frustrant par moment. L’absence de HUD est en revanche appréciable pour une immersion totale dans le monde proposé. Pour en revenir à l’aspect visuel, Double Fine a réalisé un petit tour de force au niveau du character design. Les équipes d’artistes ont réussi à donner des expressions au phare ! Un peu à l’image de la lampe Pixar, le phare a ici un visage. Une des astuces a été d’utiliser deux bouts de métal comme sourcils. Malin.

Au-delà de la claque artistique, le jeu propose une bande-son en demi-teinte. On a le droit à un thème par zone. Parfois il accompagne très bien ce que l’on voit, parfois c’est un peu plus “déconnecté” de l’action, voire répétitif. Dommage donc que l’audio ne soit pas à la hauteur du visuel. 

L’improbable duo phare – oiseau. Le pire, c’est que ça marche !
7 7

Keeper nous enchante par sa direction artistique et son univers très original. Trouver un gameplay qui fonctionne en nous faisant jouer un phare et un oiseau était un pari des plus étonnant. Malgré tout, il faut reconnaître que les mécaniques de jeu restent simplistes et que l’aventure est très contemplative. Une œuvre surprenante mais qui ne plaira pas à tout le monde donc.

Points forts

  • La direction artistique fa-bu-leuse
  • Un duo phare-oiseau unique
  • Un gameplay très accessible et bien pensé
  • Un twist surprenant
  • Aucun HUD

Points faibles

  • Un gameplay assez limité malgré tout
  • Aucun challenge
  • Une bande-son mitigée

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