Crimson Desert : un RPG fascinant et démesuré, mais imparfait

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Crimson Desert : un RPG fascinant et démesuré, mais imparfait

Après plus de 120 heures de jeu et sept mises à jour majeures, il est enfin temps pour moi de vous livrer mon verdict sur Crimson Desert. Le RPG de Pearl Abyss était un de mes jeux les plus attendus depuis son annonce il y a près de 6 ans. J’espérais qu’il soit un RPG culte, si possible au niveau de The Witcher III. Dans ce test, je vais vous expliquer pourquoi le titre dépasse mes attentes à certains égards, tout en décevant sur d’autres.

On ne va pas en faire tout une histoire

Et je vais commencer par un défaut : l’histoire principale et ses personnages. À tort, j’espérais vivre une épopée remarquable et bien narrée, mais assez vite on comprend que ce n’est pas l’objectif premier de Crimson Desert. Comme vous le savez peut-être, on est donc projeté sur le gigantesque continent de Pywel et notamment dans la peau de Kliff, un vaillant et respecté combattant membre du clan des Crinières Grises. Malheureusement celui-ci est décimé dès l’introduction par les Ours Noirs, un clan particulièrement cruel faisant régner la violence et la barbarie. Mal en point, Kliff découvre malgré lui les Abysses, un archipel céleste riche en mystère, inaccessible à la population, et étudié par les érudits. Mais pas seulement puisque certaines personnes mal intentionnées convoitent les pouvoirs des Abysses afin d’asseoir leur domination sur le monde. Vous l’aurez donc compris, on va devoir libérer les peuples opprimés et venger sa tribu, en faisant couler le sang à flot.

Avec la richesse de l’univers proposé, on aurait pu s’attendre à ce que l’histoire soit plus intéressante et parvienne à nous surprendre. Mais en réalité les douze chapitres ressemblent plus à un prétexte pour explorer le monde. Ce n’est pas mauvais, mais c’est convenu et la mise en scène oscille entre moyenne à bonne, avec de trop rares fulgurances. On sent une légère montée en puissance sur la fin mais on peine quand même à être pleinement embarqué. La faute sans doute à une écriture sans éclat. De nombreux personnages sont assez clichés et le script global du jeu ne s’embarrasse pas de subtilité. Même si on peut comprendre l’approche grand public, la comparaison avec The Witcher III qui date pourtant de 2015 fait mal. 

À vendre, modeste chateau, faire offre !

L’ode à l’exploration

Mais comme je le disais, l’histoire n’est pas l’intérêt premier du jeu. Si il est difficile de lâcher la manette une fois le jeu commencé, c’est parce qu’il y a toujours quelque chose à découvrir et à faire à Pywel. Crimson Desert est le meilleur RPG en termes d’exploration et je le place même devant Zelda sur ce point. La map est titanesque, bien plus grande que celle d’autres open world récents, et elle offre une variété de paysages remarquables : forêts verdoyantes, montagnes enneigées, déserts arides, prairies sauvages, champs cultivés, falaises escarpées… Il y en a pour tous les goûts. C’est la même chose pour les lieux et bâtiments : le jeu est un mix d’influence et on retrouve une belle variété d’architecture. Et pour la faune et la flore, idem. Moutons, sangliers, biches, yacks, hyènes, éléphants : ce n’est qu’une infime partie de toutes les espèces existantes et qui donnent vie à ce monde.

Et je peux vous promettre que le titre est la définition même de l’effet “Je veux y aller”. Tout ce que l’on voit au loin donne envie d’être découvert. On est comme attiré, la curiosité est éveillée et je ne compte pas les sessions de jeux où je comptais avancer des quêtes et au final je me suis perdu pendant trois heures, résolvant des énigmes, aidant des habitants, fouillant des grottes et reprenant un fort par la force. Crimson Desert est une célébration de l’exploration libre. Hormis les indicateurs de quêtes, on est même bien souvent livré à nous-mêmes. Et quand après 30 heures de jeu on est encore dans la région initiale alors qu’il y en a cinq à découvrir, on comprend qu’on n’est pas prêt de quitter Pywel ! D’ailleurs, même après mes 120 heures de jeu, il me reste quelques petits coins de la carte inexplorés. 

Crimson Desert est le meilleur RPG en termes d’exploration et je le place même devant Zelda sur ce point.

Si on veut tout visiter, c’est aussi parce que le jeu offre des panoramas grandioses. Pearl Abyss a réalisé une prouesse avec son moteur graphique maison : le BlackSpace Engine. La distance d’affichage est tout simplement jamais vue. Là où d’autres open world se contentent d’environnements très pauvres à un kilomètre de distance, Crimson Desert nous affiche un niveau de détails bluffant et c’est clairement l’un des grandes forces du jeu. Notamment quand on voit au loin une “flèche”, sorte de très haute tour permettant d’accéder aux Abysses. 

« La montagne… ça vous gagne ! »

Une avalanche d’activités

En parcourant le monde, on se rend compte finalement assez vite du but du jeu : nous immerger totalement dans un univers cohérent où les PNJ sont extrêmement nombreux. Pour être honnête, Crimson Desert a un petit côté simulateur de vie que je n’attendais pas. Il y a tellement de choses à faire que c’en est indécent. Les développeurs ont été extrêmement généreux et évidemment, la quantité a parfois pris le pas sur la qualité. On compte un grand nombre de quêtes consistant à aider les habitants ou les membres rescapés de son clan, et bien sûr, il y a pas mal de quêtes FedEx dans le lot. Mais en les faisant, on donne du sens à la vie de Kliff. Ce n’est pas juste l’élu sauveur du monde, c’est un guerrier guidé par un fort sens de la justice, prenant le temps d’aider tout un chacun quel que soit son besoin. Se faisant, vous améliorez votre réputation dans les différentes régions et vous faites des nombreuses factions rencontrées vos alliés.

Si les combats constituent le cœur du gameplay, la variété des activités proposées est sans égale. Crimson Desert est un pot-pourri de tout ce qu’on a pu voir dans le genre ces dernières années. Vous pouvez chasser, pêcher, jouer à des jeux d’argent, arrêter des hors-la-loi, teindre vos équipements, forger des armes et armures, investir votre argent à la banque… mais tout ça, ce n’est rien. Dès le début de l’aventure, Kliff commence à retrouver les membres des Crinières Grises ayant survécu et fonde ainsi un camp pour les regrouper. Ce camp va évoluer tout au fil de l’aventure avec des possibilités assez folles. C’est un élément central du titre.

Crimson Desert est un pot-pourri de tout ce qu’on a pu voir dans le genre ces dernières années.

Déjà, vous allez pouvoir envoyer vos équipes partout dans le monde pour effectuer une grande variété de tâches, permettant de récupérer moulte ressources naturelles, armes et de gagner de l’argent. Mais vous pouvez aussi demander à des membres du clan de vous accompagner au combat, pour affaiblir un bastion ennemi et le prendre plus facilement. C’est aussi depuis votre camp que vous pourrez devenir un véritable homme d’affaires en effectuant du commerce à travers le monde entier, via un système de calèches marchandes emportant des biens. Le prix des biens varie même dans le temps en fonction de la demande, comme dans le monde réel ! Au fur et à mesure que votre camp s’agrandit, des nouveautés de gameplay apparaissent. Vous pouvez par exemple avoir votre propre maison et la décorer comme vous le souhaitez. Vous pouvez planter des graines de fruits et légumes et venir les récolter quelques jours plus tard. Vous pouvez même avoir votre propre ranch ! Quand je vous dis qu’il y a un côté “simulation de vie”, je n’exagère pas. 

C’est aussi dans votre camp que vous retrouverez tous vos animaux de compagnie. Et oui car le titre vous permet d’adopter des animaux après avoir gagné leur confiance via des caresses et des bons repas. Chiens, chats, oiseaux, panda roux, ratons laveurs et j’en passe : vous pouvez presque vous créer un petit parc animalier ! Pearl Abyss a en plus été malin en joignant le côté cute au côté utile. Vous pouvez en effet être suivi par un animal de compagnie au choix qui récupérera pour vous les objets lâchés par les ennemis tués. Si vous aimez les bêtes, vous serez aussi ravis de la quantité de montures existantes : outre le traditionnel cheval, vous pouvez avoir un lion, un loup, un ours ou même un dragon pour vous déplacer. Voler est d’ailleurs bien pratique pour se déplacer rapidement, tant la map est vaste. À noter que dans l’optique d’offrir une exploration agréable, les développeurs ont aussi offert une belle panoplie de mouvements aux trois personnages jouables. Ces derniers sont doués en escalade, peuvent se propulser dans les airs mais aussi planer sur des distances assez longues en fonction de la jauge d’endurance.

Vous allez passer pas mal de temps à cuisiner, vous pouvez me croire.

Une prise en main peu évidente

Oui parce qu’en réalité, même si Kliff est de loin le personnage principal, il est également possible de jouer une partie de l’aventure avec Damiane et Oongka. Seuls 2-3 passages vous forcent à jouer avec eux, donc vous n’avez pas forcément besoin d’augmenter leurs compétences à fond. Les trois personnages ont quelques subtilités propres mais le coeur du gameplay est assez proche. Pour ma part, je me suis concentré sur Kliff. Les premières heures de jeu sont particulièrement complexes car Crimson Desert introduit des dizaines et des dizaines de mécanismes en peu de temps. L’apprentissage est donc raide. D’autant plus que pas mal d’explications données sont assez floues. Là où un Zelda se prend en main de façon intuitive, Crimson Desert pourrait en rebuter certains. Il faut passer les 5-10 premières heures délicates pour vraiment commencer à prendre son pied. 

Malgré ça, n’allez pas croire que tout sera simple par la suite car là aussi, les objectifs et les mécaniques de jeu sont souvent très mal expliqués. J’ai rarement autant regardé les solutions en ligne qu’avec ce jeu. J’ose espérer que je ne suis pas quelqu’un de stupide mais plutôt que pas mal de choses sont illogiques, pour ne pas dire carrément contre-intuitives. C’est un retour partagé par pas mal de joueurs d’ailleurs. Le jeu m’a souvent donné l’impression de ne pas avoir été suffisamment testé avant sa sortie. Certaines actions sont inutilement complexes et certains passages obligatoires de l’aventure sont inutilement difficiles et créent de la frustration. Peut-être que des choses ont changé avec les récents patchs et maintenant qu’il est possible de jouer en facile, mais en tout cas lorsque j’ai commencé l’histoire principale, j’ai ragé sur une mission nous demandant de dresser un cheval ou bien encore de gagner une épreuve de tir à l’arc. 

Les développeurs ont été incroyablement réactifs depuis la sortie et de grandes améliorations de la maniabilité et de l’expérience utilisateur ont été apportées. Malgré ça, le fait que la touche d’action et la touche de saut soient les mêmes est toujours aussi frustrante. Je ne vous dis pas le nombre de fois où j’ai sauté devant une table alors que je voulais simplement récupérer un objet posé dessus ! De même, la navigation dans l’inventaire était initialement laborieuse, mais heureusement après quelques patchs, il y a du mieux.

L’univers de fantasy comporte quelques éléments technologiques, donnant par exemple cet affrontement dragon contre canon !

Qui a mis du Dynasty Warriors dans mon Crimson Desert ?

Mais entrons maintenant si vous le voulez bien dans le coeur du gameplay : les combats. Les trailers avaient donné le ton, Crimson Desert ne fait pas dans la finesse. Au départ, j’ai trouvé les combats intéressants, avec un grand dynamisme et un impact des coups bien ressentis manette en main. On comprend très vite que les possibilités vont être riches, grâce à un arbre de compétences assez complet où l’on voit des coups spéciaux à l’arme blanche débloquables, un système de combats au poing et au pied améliorables, des attaques élémentaires de feu, foudre, glace et vent ou encore des possibilités liées à l’esprit permettant de tirer une flèche avec précision ou de créer un voile de vent faisant riposter les projectiles lancés par les ennemis. Je me suis même pris à rêver de possibilités dignes du système de matérias de Final Fantasy VII quand j’ai découvert que les sorcières pouvaient créer et améliorer les équipements abyssaux équipables sur vos armes et armures. Ceux-ci débloquent des capacités spéciales, améliorent vos chances de coups critiques, votre récupération d’endurance et bien d’autres choses. 

Mais après quelques dizaines d’heures de jeu, un constat m’est apparu : c’est du bourrinage intensif. En réalité on fait quand même souvent la même chose, les mêmes enchaînements et cela devient un peu lassant à la fin. Dans les dernières missions de l’aventure principale, certaines phases vous obligent littéralement à tuer des centaines d’ennemis et j’ai trouvé ça plus fatiguant qu’autre chose. Je ne dis pas que les combats sont mauvais, mais ils auraient pu être bien plus aboutis, plus riches, plus intéressants sur le long terme. Même la façon dont on améliore le niveau de nos équipements n’est pas si excitante que ça. Car on a beau explorer en quête de trésors, toutes les armes, armures ou accessoires trouvés sont globalement de même niveau. Que vous ayez l’épée A, B ou C, lorsque vous les aurez raffinés au maximum, ce sera à peu près les mêmes statistiques pour les trois. 

Après quelques dizaines d’heures de jeu, un constat m’est apparu : c’est du bourrinage intensif.

Les combats demeurent assez stylés, avec une sensation de puissance intéressante. Mais les mêlées épiques contre un paquet d’ennemis en simultané donnent le tournis à la caméra. Cette dernière est complètement aux fraises et ça rend le tout encore plus chaotique que ça ne l’est déjà. D’ailleurs, comme la caméra a du mal à suivre et qu’on est littéralement encerclé, je trouve que l’intérêt du bouclier est très limité. Il est difficile de parer avec précision, ce qui m’a amené assez rapidement à troquer le bouclier pour une seconde épée. En jouant avec deux armes blanches, on fait des dégâts colossaux mais évidemment, ça contribue à rendre le tout encore plus bourrin. La distance de la caméra étant réglable à tout moment, je vous conseille de ne pas trop zoomer lors des combats. 

Cela vaut aussi pour les combats de boss. Et des boss, il y en a un bon paquet ! Pearl Abyss avait d’ailleurs mis l’accent sur certains d’eux dans sa communication. Ces affrontements sont-ils aussi palpitants que dans Elden Ring ? Malheureusement non. Je m’attendais à plus de génie dans les affrontements, et plus de variété. Certains boss sont particulièrement ardus mais pas forcément pour les bonnes raisons. Je trouve que la vraie difficulté vient de leur déplacement. La majorité des boss bouge hyper rapidement. Et forcément quand ceux-ci dash ou se téléportent sans cesse alors que la caméra a du mal à suivre, on finit par prendre un paquet de coups en pestant pas mal ! Malgré quelques duels épiques réussis, j’ai globalement été déçu par ces passages censés être le climax d’une quête. Ils génèrent beaucoup de frustrations et ne sont finalement pas très plaisants à jouer.

« Excusez-moi monsieur, vous avez un cerf sur la tête ! »

100% logique… ou pas !

Un autre grand pan du gameplay est constitué des énigmes. Crimson Desert va faire appel à vos neurones. Comme pour le reste, je vous préviens, ce qu’il faut faire ne sera pas toujours clair, même si vous êtes logique ! Mais en tout cas, on ne peut pas reprocher aux développeurs d’avoir proposé une tonne de challenges. Il faut savoir que dans les Abysses, chaque ensemble d’îlot est un genre de sanctuaire offrant un challenge à réussir. Là encore, cela fait penser à Zelda. Et je trouve que Pearl Abyss a fait un bon travail sur le level design, avec pas mal de verticalité d’ailleurs. Tous ces casses-têtes ne se valent pas mais on peut quand même dire que c’est un point positif du jeu. Ils permettent également de récupérer des artefacts abyssaux, objets requis pour améliorer vos compétences ou vos équipements au plus haut niveau.

Les énigmes ne sont pas seulement dans le ciel. Sur la terre ferme aussi, la map regorge de lieux offrant des challenges logiques. Difficile de tous les citer mais il va par exemple être question d’enclencher des mécanismes en tournant des roues, de marcher sur des dalles dans un ordre précis ou bien encore de jouer à “1, 2, 3 Soleil” avec une statue qui vous regarde par intermittence ! L’équilibre entre exploration, combats et énigmes est plutôt intéressant à condition de ne pas vous contenter de foncer en ligne droite dans la quête principale. De toute façon, ce serait vous compliquer la tâche. En difficulté normale, le jeu offre du challenge. Ce n’est pas insurmontable mais ça vous oblige à prendre votre temps pour explorer et monter votre personnage. Pour ne pas mourir trop souvent, vous allez passer votre temps à manger !

Là encore à l’image d’autres jeux, et notamment Zelda, Crimson Desert propose la nourriture et les boissons comme éléments primordiaux du gameplay. Manger et boire vous redonne de la santé, de l’endurance ou encore de l’esprit. Et vous en aurez bien besoin car par exemple sans endurance, impossible d’escalader, planer ou donner des coups spéciaux. Vous allez devoir cuisiner très souvent et il y a des dizaines de recettes différentes à trouver. Vous pouvez bien sûr acheter des plats préparés aux marchands mais ça vous coûtera plus cher que de chasser, pêcher et cueillir vos ingrédients vous-même. Les plats peuvent aussi améliorer votre résistance aux fortes chaleurs ou au froid, tout comme dans le jeu de Nintendo.

Les Abysses regorgent d’énigmes à résoudre. Remarquez la fantastique distance d’affichage.

Et si le vrai luxe, c’était le BlackSpace ?

Depuis son annonce, Crimson Desert était aussi attendu pour son côté visuel. Le jeu semblait très impressionnant et tout le monde était curieux de voir si le BlackSpace Engine de Pearl Abyss pouvait rivaliser avec l’Unreal Engine 5 que tout le monde utilise. La réponse est globalement oui, mais elle est néanmoins à nuancer. Il n’y a pas de doute pour dire que le jeu est superbe, et tout particulièrement en extérieur avec une distance d’affichage hors-norme et des éclairages de qualité. Les textures sont également très qualitatives, notamment la pierre. Côté modélisation, le résultat est globalement satisfaisant mais les visages sont un bon cran en dessous des références du genre. Ce qui n’aide pas à apporter de l’émotion au récit qui manque déjà de profondeur.

Il n’y a pas de doute pour dire que le jeu est superbe.

Là où le moteur graphique semble étonnamment en difficulté, c’est dans la gestion des éclairages intérieurs. Même après les sept mises à jour majeures des deux premiers mois, le jeu a encore d’étranges soucis où la lumière venant de l’extérieur passe parfois à travers les murs, plombant instantanément le côté réaliste. Je suis aussi dubitatif sur la nuit. Je trouve sa gestion étonnante. Déjà elle dure trop peu longtemps, en général de 23h à 3h du matin. Mais surtout, il peut faire nuit noire à trois mètres, mais si vous regardez au loin il semble faire jour. Ça peut sembler critique, dis comme ça, mais ça ne gâche pas vraiment l’expérience de jeu, je vous rassure. C’est tout de même fort étonnant.

Je termine ce test fleuve par la partie audio. J’ai joué avec les voix anglaises et les sous-titres français. Il n’y a pour l’heure pas de doublages en français. Vous pouvez choisir entre l’anglais, le coréen ou le chinois simplifié. Je n’ai pas grand-chose à dire sur les doublages anglais qui sont tout à fait corrects sans m’avoir transcendé. L’écriture ne permet pas de ressentir un paquet d’émotions de toute façon. La bande-son a quelques fulgurances, notamment la très belle musique de chargement que l’on entend dès le début du jeu. Mais elle se montre bien moins marquante que celle de Skyrim ou The Witcher III par exemple.

8 8

Crimson Desert est un RPG en monde ouvert qui va marquer les esprits, même s’il est bien différent du jeu que j’attendais. Son scénario très convenu et ses personnages trop plats le relèguent loin derrière The Witcher III en terme narratif. Ses combats dynamiques, plaisant dans un premier temps, donnent le tournis à la caméra et finissent par devenir trop bourrins et répétitifs. Et on peut aussi se plaindre d’un manque d’intuitivité globale qui rend les premières heures compliquées. Oui mais voilà, malgré tout cela, qu’il est difficile de lâcher la manette avant d’avoir tout exploré ! Car c’est bien là la force du jeu, une map absolument phénoménale de par sa taille, sa richesse et la quantité de choses à y faire. Pywel est un monde cohérent, et l’on ne fait pas qu’y combattre, on y vit. Le nombre de mécaniques de jeu donne le vertige, tout comme se pencher au bord des Abysses célestes. Oui, tout n’est pas parfait, mais Pearl Abyss a fait un travail titanesque pour nous offrir ce qui se rapproche le plus d’un Zelda spécifiquement pour adulte, boosté par une réalisation graphique de très haut vol. Crimson Desert est un titre qui est bien plus que la somme de ses points forts et de ses points faibles, et on ne peut qu’espérer une suite corrigeant ses principaux défauts.

Points forts

  • Une map COLOSSALE
  • Un monde cohérent, vivant
  • Visuellement très réussi avec des panoramas fabuleux
  • Une référence en matière d’exploration
  • Des énigmes assez variées (mais pas toujours claires)
  • Beaucoup, beaucoup, de choses à faire !
  • Le camp de base et toutes ses possibilités
  • On peut avoir des animaux, dont des chiens
  • Les développeurs sont à l’écoute et améliorent le jeu chaque semaine

Points faibles

  • Une histoire convenue et bien trop manichéenne
  • L’écriture ne casse pas trois pattes à un canard
  • Des personnages pas assez charismatiques
  • Des combats trop bourrins qui perdent en intérêt sur le long terme
  • Les affrontements de boss souvent pénibles et frustrants
  • Ergonomie très mitigée
  • Explications des mécanismes confuses
  • Quelques soucis d’éclairage (nuit, intérieur)
  • Pas de choix de dialogue

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